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Écrit par Neftaha Anslot   
12-12-2006

CAMES 2004 : Deux enseignantes de la Fac des Lettres passent professeurs titulaires

La Faculté des Lettres et Sciences Humaines de l’UCAD a, maintenant, dans son effectif d’enseignants, quatre femmes, professeurs titulaires. Mme Nguissaly Sarr, du département de Lettres Modernes et Mme Mame Sow Diouf du département de Langues Anciennes sont devenues, à l’issue du CAMES, des profs titulaires.
Les universités sénégalaises ne se sont pas simplement limitées, lors de la session 2004 du Conseil Africain et Malgache de l’Enseignement Supérieur (CAMES) qui s’est tenue à Cotonou au Bénin, du 19 au 25 juillet derniers, à faire un taux de réussite de 82 %. Les femmes universitaires se sont aussi illustrées durant le CAMES 2004. En effet, à la Faculté des Lettres et Sciences Humaines de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, deux femmes universitaires, Mme Nguissaly Sarr, maître de conférences en grammaire historique au département de Lettres Modernes et Mme Mame Sow Diouf, maître de conférences en Grec au département de Langues Anciennes, viennent d’être élevées au rang académique de professeurs titulaires des Universités dans leurs spécialités.
Le doyen de la Faculté des Lettres, le Pr Mamadou Kandji, considère, dans un communiqué qui nous est parvenu, que ces deux lauréates ont d’autant plus de mérite que la rédaction d’une thèse d’Etat, en Lettres et Sciences Humaines, peut parfois prendre entre 10 et 15 ans, après la soutenance d’une thèse de 3e cycle ou l’admission à l’agrégation et que le déroulement de la carrière des femmes universitaires, à quelques exceptions près, est relativement plus lente que celle de leurs collègues hommes, compte tenu de nombreuses contraintes et des pesanteurs sociales qui pèsent sur la famille africaine, dans un contexte où tout est façonné comme qui dirait, par « la politique du mâle ».
Mame Sow Diouf et Nguissaly Sarr sont toutes deux docteurs d’Etat de l’Université de Paris IV-Sorbonne. Elles se sont illustré, selon le doyen Kandji, pour leur constance dans l’effort et le dépassement. Mme Nguissaly Sarr qui, dès l’âge de 26 ans, était déjà titulaire d’un Doctorat de 3e cycle en grammaire à l’Université de Paris-Sorbonne, enseigne, depuis 1980, à l’Université de Dakar la grammaire historique, une discipline réputée difficile, relevant plutôt des Mathématiques que des Lettres.
Mme Sarr est, poursuit le Doyen Kandji, précisément spécialiste en Linguistique diachronique romane, discipline qui étudie l’évolution phonétique, morphologique, syntaxique et sémantique de la langue française du XIVe au XVIe siècle, le Français classique du XVIIe-XVIIIe siècle et le Français moderne. « Sa promotion, au rang de Professeur titulaire de chaire, est une consécration dans la carrière universitaire de cette dame qui est auteur de plusieurs publications dans des revues très réputées comme la revue de linguistique Romane du CNRS et d’une thèse d’Etat en grammaire publiée et commercialisée en Europe au Canada par Presses Universitaires du Septentrion », explique le Pr Kandji.
Ancienne élève du lycée Blaise Diagne de Dakar, lauréate plusieurs fois du Concours général en Grec, en Latin et en Géographie, Mme Mame Sow Diouf a terminé son cursus scolaire en étant plusieurs fois primée Grand Prix d’Honneur sous Léopold Sédar Senghor. Elle a occupé, à l’université, les fonctions de chef de département de Lettres Classiques et exerce celles d’Inspecteur Général de l’Education nationale.
Mme Diouf est membre de l’Unité de Recherche du CNRS sur la Médecine antique et de plusieurs sociétés savantes. Commandeur de l’Ordre national du mérite : « sa thèse porte sur une discipline aussi pointue que l’histoire de la Médecine antique », selon toujours le Pr Kandji.
Mme Diouf dispense aussi des enseignements sur l’histoire et la terminologie médicale. Elle a régulièrement enseigné l’histoire des idées grecques ainsi que les langues, la littérature et la civilisation grecques. Elle est l’auteur de plusieurs publications scientifiques sur la déontologie médicale, sur les droits du malade et sur Senghor. Ayant élargi le champ de ses recherches, elle a notamment étudié les relations entre le citoyen et l’État, d’après les penseurs grecs antiques, notamment Platon et Aristote, les prières du Hadj (pèlerinage musulman), rapprochant ainsi Arabes et Grecs, sur le plan esthétique.
Pour le Doyen Mamadou Kandji, ces deux promotions portent à quatre le nombre de Sénégalaises professeurs titulaires à la Faculté des Lettres et Sciences Humaines. Les deux autres sont Mme le professeur Marième Sy, en littérature américaine et Mme le professeur Khadi Fall en littérature et civilisation germaniques. Même si ce chiffre reste encore faible, comparé à la vingtaine de professeurs hommes que compte la Faculté, le doyen Mamadou Kandji signale que bon nombre de leurs collègues femmes travaillent assidûment et rigoureusement pour parachever leurs thèses. « La Faculté et la communauté universitaire se félicitent de la promotion de ces deux dames, qui constituent un exemple de droiture dans le sens le plus élevé du terme et qui sont restées affables, serviables dans leurs rapports avec leurs prochains », conclut-il.

Dernière mise à jour : ( 12-12-2006 )
 
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